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Abbaye de Bonnefont : étude archéologiqueAbbaye de Bonnefont, Proupiary (Haute-Garonne). HADÈS, 2016

Abbaye de Bonnefont, Proupiary (Haute-Garonne). HADÈS, 2016

Notice scientifique


L’abbaye de Bonnefont, fondée en 1136 par des moines issus de l’abbaye de Morimond (Lorraine), est un site emblématique du Comminges. Après une vingtaine d’années plutôt difficiles, son développement agricole couplé à d’importantes donations lui permettent de lancer la construction de la plu-part des bâtiments claustraux vers 1155. Prospère aux XIIIe et XIVe siècles, elle participe à la création des bastides et s’éloigne peu à peu des règles premières des moines blancs. Elle traverse alors plusieurs crises, liées à des manquements individuels ou collectifs aux règles cisterciennes, lesquelles vont nécessiter des réformes d’abord en 1410 puis vers 1442-1445 (Higour-net, Samaran 1970, p. 39). Au XVIe siècle, la vie spirituelle est considérable-ment dégradée. À l’aube de la Révolution française, on ne compte plus que sept moines à Bonnefont.
Son démantèlement s’amorce en 1791 alors qu’elle est vendue comme bien national à Simon Lacombe, lequel transmet à son décès, en 1833, l’ensemble abbatial à son gendre, Norbert de Lorde, maire de Saint-Martory. Elle est alors transformée en carrière à ciel ouvert dans laquelle des pans entiers sont revendus ou cédés pour des constructions alentours. Seuls la porterie, le bâtiment des convers et le pigeonnier échappent au démembrement. Les propriétaires successifs du site puisent dans l’ensemble abbatial les matériaux nécessaires à la construction de leurs demeures sises à Saint-Martory. Le cloître aurait été démonté dès 1807 selon G. Rivière, et en partie remonté d’abord à la maison Déaddé à Saint-Gaudens, avant d’être reconstruit dans le cloître Azémar. Entre 1833 et 1898, Norbert de Lorde procède à une démolition systématique des bâtiments et revend morceaux par morceaux l’abbaye de Bonnefont. C’est ainsi que l’abbaye est complète-ment démantelée et ses éléments constitutifs éparpillés.
Suite à son démantèlement tout au long du XIXe siècle, elle a suscité l’intérêt de nombreux érudits et scientifiques. En dépit des nombreuses recherches et publications qui la concernent aujourd’hui, elle reste extrêmement méconnue.

En 1983, le domaine est racheté par l’Association pour la Sauvegarde de l’Abbaye de Bonnefont et la Société des Études du Comminges. Plusieurs travaux sont alors engagés pour consolider et restaurer la porterie et le bâtiment des convers, reconstruire le lavabo du cloître, remettre en place deux colonnes de la salle capitulaire et dégager les vestiges de l’église, de la salle capitulaire et du cloître (Rivière 1984, p. 187).

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